Il existe dans la culture psy une image tenace du thérapeute idéal : silencieux, neutre, presque invisible, réduit à une fonction de miroir ou d'écho. C’est ici qu’on entend le fameux « Votre métier consiste simplement à écouter ! ».
À l'opposé, une autre image circule aujourd'hui, portée notamment par les réseaux sociaux : celle du thérapeute engagé, transparent sur ses valeurs, militant dans sa pratique, qui n'hésite pas à partager ses convictions pour "humaniser" la relation thérapeutique.
Ces deux images sont tout autant problématiques. La première produit un thérapeute déshumanisé, dont l'absence de présence réelle peut paradoxalement entraver le processus thérapeutique. La seconde produit un thérapeute envahissant, dont la subjectivité débordante risque de contaminer l'espace du patient et de glisser, parfois insidieusement, vers l'emprise.
Entre ces deux écueils, il existe une troisième voie, la plus exigeante, celle de la qualité de présence. C'est cette voie que cet article cherche à tracer.
Commençons par une affirmation qui peut paraître contre-intuitive : le thérapeute qui s'efface totalement ne protège pas son patient. Il l'abandonne.
Les recherches sur les facteurs communs en psychothérapie (Lambert & Barley, 2001, Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training) montrent de manière robuste que la qualité de la relation thérapeutique, et non le modèle théorique utilisé, est le premier prédicteur de l'efficacité du soin. Cette relation ne peut pas exister sans que le thérapeute soit réellement là.
Carl Rogers avait déjà identifié trois conditions fondamentales à la relation thérapeutique : la congruence, l'empathie et le regard positif inconditionnel (On Becoming a Person, 1961). La congruence, premier des trois, désigne précisément la capacité du thérapeute à être présent comme un être humain authentique, non comme un rôle joué. Rogers écrit explicitement que le thérapeute "n'est pas une façade" : il est une personne réelle, en contact réel avec son patient.
De là peut découler la confusion « être vrai » avec « être pleinement moi avec mes convictions et mes croyances personnelles ».
Dans une perspective psychodynamique tout autant que psychothérapeutique, la présence du thérapeute comme être réel, distinct, doté de ses propres limites et de sa propre subjectivité, n'est pas un obstacle au travail thérapeutique : elle en est une condition. Le patient a besoin de rencontrer une altérité vraie : un autre qui ne soit ni un miroir parfait, ni une surface de projection totalement malléable, mais quelqu'un qui existe face à lui.
Donald Winnicott, dans ses travaux sur le holding et l'objet transitionnel, insiste sur ce point : c'est précisément parce que la figure d’attachement (et, par analogie, le thérapeute) est un être réel, avec ses propres réactions, ses propres limites, sa propre résistance à la destruction fantasmatique, que l'enfant et donc le patient dans l’analogie) peut construire une représentation stable de la réalité (Jeu et Réalité, 1971).
Poser les limites du cadre thérapeutique est déjà un acte par lequel le thérapeute se fait exister ; acte qui n’est pas toujours si simple comme les consultations de supervision pourraient en être témoin ! Dire "cela ne se passe pas ainsi ici parce que…" ou "je ne peux pas répondre à cette demande de cette façon", ce n'est pas un effacement du professionnel derrière une règle abstraite. C'est une présence : celle d'un être qui assume une position, qui tient un cadre qu’il a pensé et réfléchi, idéalement avec ses pairs, et qui ne se laisse pas dissoudre dans les demandes ou les projections du patient, sans pour autant les dénier.
Cette forme d'existence, celle du cadre incarné et habité par une personne réelle, est déjà en soit thérapeutique, précisément parce qu'elle offre au patient l'expérience d'une relation dans laquelle il rencontre une densité vivante, une texture sensible, une résistance bienveillante, une limite qui ne rejette pas mais qui pense, élabore et structure. Pour beaucoup de patients, c'est une expérience profondément réparatrice.
"Le thérapeute n'est efficace que dans la mesure où il est réel." — Carl Rogers, On Becoming a Person (1961)
Si le thérapeute doit se faire exister, la question cruciale est : comment et jusqu'où ? C'est ici que la réflexion clinique rencontre l'exigence éthique et déontologique.
La présence du thérapeute se déploie légitimement dans plusieurs registres, tous au service du patient, jamais au service du thérapeute lui-même, si ce n’est par un effet boomerang non recherché activement :
La chaleur et la bienveillance — cette disposition fondamentale à accueillir l'autre sans jugement, à lui signifier qu'il a une valeur inconditionnelle indépendamment de ce qu'il fait ou pense sans que cela ne lui retire toute notion de responsabilité, est la première des présences. Elle n'est pas une technique : c'est une qualité d'être qui se transmet dans le ton, le rythme, l'attention portée et la contenance des polarités, des aspérités et du complexe de l’humain.
La réactivité émotionnelle ajustée — le thérapeute n'est pas une machine. Il ressent, il est touché, il peut être ému. Ce mouvement intérieur, loin d'être un problème, est une ressource clinique précieuse, à condition d'être traité comme une information sur la relation et non comme une invitation à partager ses propres affects à condition que cela reste au service du processus thérapeutique plutôt qu'à la régulation du thérapeute lui-même. Autrement, ce qui est un levier thérapeutique devient un inversement des postures et sort drastiquement du thérapeutique, du déontologique et de l’éthique.
L'humour, la légèreté, la spontanéité — dans les limites du cadre, ces qualités humaines contribuent à humaniser la relation, à désamorcer des tensions, à créer une alliance. Elles font partie de la présence authentique du clinicien, à l’humaniser lorsque sa position d’autorité symbolique peut parfois le déifier aux yeux des patients, tant que ces touches d’humour ne sont pas humiliantes ou passives-agressives bien évidemment. Mais il serait naïf de partir du principe que parce que le thérapeute est un professionnel, cela suffit à garantir qu’il ne sera pas sujet à ce genre de comportement. Prudence donc !
La capacité à nommer ce qui se passe dans la relation — ce que j’appelle dans les formations CREAT et dans les supervisions « nommer le processus » comme par exemple "je remarque que quelque chose de difficile se passe entre nous en ce moment" est une forme haute de présence : le thérapeute ne disparaît pas derrière le patient, il est là, observateur et acteur de ce qui se co-construit.
Il existe un autre registre de présence : celui des convictions, des idéologies, des orientations politiques, sociales ou morales du thérapeute. Ce registre-là n'a, à mon avis, pas sa place en séance, non parce que le thérapeute doit être une personne sans opinions, mais parce que ces opinions ne peuvent pas être au service du patient de manière garantie.
La différence est simple à formuler, mais difficile à tenir : la présence légitime du thérapeute devrait, dans cet espace particulier de psychothérapie, toujours être au service du travail de l'autre. Le débordement subjectif commence là où la présence du thérapeute devient au service de lui-même, de ses besoins de reconnaissance, de ses convictions, de sa vision du monde, de son alignement entre personnalité et posture professionnelle. Ce qui rend la chose délicate est qu’il ne s’agit pas non plus pour le thérapeute de devenir un total étranger en séance mais de jauger ce qui, dans sa présence individuelle, reste suffisamment universel, autrement dit neutre, de ce qui est teinté de son propre système de croyance et conviction sociale.
Cette distinction (présence authentique vs. débordement subjectif) est au cœur des formations en psychothérapie proposées par l’approche CREAT.
Une question y revient aussi régulièrement dans ma pratique de superviseuse : "Est-ce que ce que je suis en train de faire est pour mon patient, ou pour moi ?" Apprendre à distinguer les deux, à travers des mises en situation, des analyses de cas et un travail sur la posture, est l'un des apprentissages les plus transformateurs du parcours de formation clinique.
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Le concept d'emprise, développé notamment par Marie-France Hirigoyen (Le Harcèlement moral, 1998) et Albert Eiguer (Le Pervers narcissique et son complice, 1996), désigne l'exercice d'une influence qui réduit progressivement l'autonomie de l'autre, souvent sans que ni l'un ni l'autre n'en soit pleinement conscient.
Ce qui rend l'emprise bienveillante particulièrement difficile à identifier, à s’en préserver et à combattre, c'est précisément qu'elle s'exerce au nom du bien. Le thérapeute qui amène son patient à adopter une certaine lecture féministe de sa relation conjugale, ou une certaine vision politique de sa souffrance sociale, ou une certaine conception spirituelle de sa guérison, peut être sincèrement convaincu d'aider. Il peut même avoir raison dans ses convictions.
Pour complexifier encore un peu plus la réflexion, les études sur les efficacités des thérapeutes (Castonguay & Hill, 2017 ; Webb, DeRubeis & Barber, 2010) indiquent que pour qu’un thérapeute est un impact positif et significatif (c’est à dire durable) sur l’état de son patient, il lui faut adhérer suffisamment à son cadre théorique de référence, cadre théorique qui parfois se retrouve fusionné à des convictions socio-culturelles voire politisées. Mais il lui faut aussi suffisamment d’espace pour se décoller de ce même cadre théorique, le critiquer, le remettre en question et l’élargir autant au regard de la pratique que de la théorie sans cesse renouvelée, sans même parler du décollement entre corpus théorique et convictions personnelles.
Mais cela ne change rien à la nature de ce qui se passe : le patient, en position de vulnérabilité et dans un espace de dépendance transférentielle, certes saine mais à ne pas prendre à la légère, est exposé à une influence asymétrique qu'il n'a pas choisie et qu'il ne peut pas refuser sans risquer de mettre en péril la relation thérapeutique elle-même. C'est la définition même de l'emprise.
La dynamique transférentielle, ce processus par lequel le patient projette sur le thérapeute, entre autre chose, des figures importantes de son histoire, amplifie considérablement ce risque. Le patient ne reçoit pas les interventions du thérapeute comme il recevrait celles d'un ami ou d'un collègue : il les reçoit à travers le filtre d'une relation qui est, par structure, chargée d'autorité, de confiance et souvent d'idéalisation.
Freud avait identifié ce phénomène dès ses premières formulations du transfert (Cinq Leçons sur la psychanalyse, 1909) : l'amour transférentiel rend le patient particulièrement réceptif, et particulièrement vulnérable, à l'influence du thérapeute. Ce n'est pas pour autant une raison d'interdire la relation thérapeutique ; c'est, en revanche, une raison de la traiter avec une extrême rigueur éthique.
"Le transfert est à la fois le plus grand obstacle et le plus puissant levier de la cure — à condition que le thérapeute n'en abuse pas." — Sigmund Freud, Cinq Leçons sur la psychanalyse (1909)
Il est important de distinguer deux types d'influence que le thérapeute exerce sur son patient.
La première est une influence structurelle, inhérente à la relation thérapeutique elle-même : le patient a besoin de projeter sur le thérapeute une figure d'autorité bienveillante, voire de réussite et de sagesse, pour que la transformation psychique ait lieu. Cette projection n'est pas un problème, elle est même un outil thérapeutique précieux et indispensable tant qu’elle est maniée avec précaution. C'est précisément parce que le thérapeute représente quelque chose d'important pour le patient que ce dernier peut s'y appuyer pour évoluer. Si le thérapeute se défend de cette posture au point de la démystifier trop tôt, trop vite ou trop fort aux yeux de ses patients, alors il perd un principe fondateur de la relation thérapeutique et aura même tendance à inverser les rôles, même momentanément, afin que le patient puisse le conscientiser « humain », vulnérable et également en quête. Il ne s’agit pas non plus, a contrario, d’endosser sans aucune prudence ce costume de sage puisque ce même thérapeute tomberait ici dans des risques de « gouroufication », pas plus enviable que son homologue. Comme beaucoup de chose, la juste posture se trouve dans un subtile équilibre entre ces deux polarités et par lequel le thérapeute jouera surtout en terme de temporalité puisqu’il va pouvoir s’humaniser et se montrer parfois vulnérable à des moments bien précis dans la thérapie, notamment quand celle ci aura déjà validé certains progrès (notamment autour de l’accès à l’altérité mais aussi à la capacité à ne pas se perdre dans l’Autre) chez le patient. Ainsi, on évite la plupart des écueils et on permet à la relation thérapeutique de s’enrichir, plutôt que de s’appauvrir de ce partage sensible et profondément relationnel et ce, sans perdre le cap d’un lien au service du patient prioritairement.
Le second type d’influence, quant à lui, est une influence qu’on qualifiera de contingente, liée, non à la structure de la relation, mais au contenu que le thérapeute y introduit, comme ses convictions, ses idéologies, ses valeurs personnelles. C'est cette influence-là qui peut ouvrir subtilement et progressivement la voie à l’emprise car elle détourne la projection du patient à des fins qui ne sont pas initialement les siennes.
Il serait toutefois naïf et illusoire de considérer qu’un thérapeute pourrait réellement avoir la capacité d’extraire de sa pratique tout contenu lui appartenant et contribuant à sa personnalité de manière générale. Car un thérapeute travaille aussi avec ce qu’il est, professionnellement, bien sûr, mais personnellement aussi. Ses couleurs uniques teintent sa façon d’approcher le patient, d’interpréter ses observations, d’en exprimer des hypothèses, de proposer des « zones de dérangement utiles » (que nous travaillons notamment dans les formations CREAT et supervisions) pour créer du nouveau dans le fonctionnement du patient et ainsi, mettre au travail les axes thérapeutiques préalablement identifiés. Il mobilisera de manière unique ses trois compétences thérapeutiques (réflexive, interactive et affective que l’on explore et entraîne dans la formation A I R).
Il est d’ailleurs toujours étonnant de constater à quel point un thérapeute n’attirera pas la même patientèle que son confrère ou sa consœur, malgré des cursus universitaires et/ou de formations continues similaires. Ce qui montre bien, si besoin est, que le thérapeute n'a ni besoin ni la capacité d'être un simple support de projection vide d'individualité.
Néanmoins, il est toujours nécessaire pour le thérapeute de garder en tête, avec humilité et lucidité que la transformation psychique durable ne passe pas par une conversion aux idées du thérapeute : c'est un processus d'individuation dans lequel le patient trouve progressivement ses propres repères, sa propre pensée, sa propre manière d'habiter sa vie, y compris si elle s’éloigne des convictions et des valeurs propres au thérapeute. Le thérapeute est le gardien de ce processus, pas son orientateur.
Il y a une idée répandue selon laquelle le thérapeute qui met ses convictions politiques ou idéologiques au service de son travail est un thérapeute plus humain, plus engagé, plus présent. Cette idée mérite d'être questionnée frontalement.
Lorsqu'un thérapeute arrive en séance porteur d'une idéologie, quelle qu'elle soit, il n'est pas plus totalement présent à son patient : il est davantage présent à lui-même, à ce qu’il porte déjà à l’intérieur de lui et parfois, à son fer de lance. Son attention est partiellement captée par le filtre interprétatif qu'il applique à ce qu'il entend. Il écoute moins le patient que la confirmation (ou l'infirmation) de sa grille de lecture.
Carl Jung parlait de la persona, ce masque social que chacun porte pour naviguer dans le monde (Two Essays on Analytical Psychology, 1917). La persona militante est, comme toutes les personas, une protection de l'ego contre l'inconnu de la rencontre vraie, pure, et finalement nue. Se rencontrer au détour d'idées, de revendications ou d’espoirs politiques et sociétales détourne de la rencontre de l’être, de la présence incarnée dans l’instant présent et parfois, dans le silence. Or la rencontre thérapeutique exige précisément que le thérapeute accepte de ne pas savoir et de ne pas appliquer de réponses ou d’explications préfabriquées à une souffrance singulière. Qu’il partage des hypothèses est pourtant nécessaire pour que le processus thérapeutique puisse se dérouler et se transformer au fur et à mesure mais ces hypothèses auront toujours besoin d’être ouvertes, adaptables, personnalisables et surtout pas enfermantes, systématiques ou incontournables.
La qualité de présence dont il est question ici n'est pas une présence neutre au sens froid du terme. C'est une présence dépouillée, débarrassée des agendas, des filtres idéologiques, des besoins de reconnaissance, pour être entièrement disponible à ce qui se passe dans la rencontre.
Martin Buber, dans Je et Tu (1923), décrit la relation authentique comme celle dans laquelle chacun rencontre l'autre comme un Tu, une présence irréductible, non réductible à un objet, à un cas, à une catégorie, qu’elle soit pathologique, religieuse, sociale, politique ou systémique. Le thérapeute qui pense son patient à travers une grille idéologique le traite en Ça (un objet d'analyse) et non en Tu. Paradoxalement, c'est souvent le thérapeute le plus dépouillé de ses convictions affichées qui est le plus réellement présent à son patient.
"Toute vie vraie est rencontre." — Martin Buber, Je et Tu (1923)
Un autre ouvrage, plus poétique, nous pousse à la contemplation et l’habitation de la présence comme art de vivre ( Forget, “L’art de la présence” 2022)
Cette qualité de présence n'est pas innée. Elle se construit, et elle demande un travail considérable sur soi. La thérapie personnelle, la supervision, les formations continues en psychothérapie sont précisément les espaces dans lesquels le thérapeute apprend à distinguer ce qui lui appartient de ce qui appartient au patient ; à reconnaître ses zones de contre-transfert idéologique, de résonance, d’identification et d’identification projective (ce que l’on travaille aussi dans la formation CREAT) ; à dégager progressivement sa présence des interférences de son histoire personnelle et de ses convictions.
Ce travail est plus difficile, et plus formateur, que l'acquisition d'un cadre idéologique rassurant. Il demande de tolérer l'incertitude, le non-savoir, la complexité. Il demande de rester en contact avec sa propre humanité sans la déverser sur le patient.
La vraie question n'est pas : le thérapeute doit-il s'effacer ou s'exister ? Elle est : de quelle présence le patient a-t-il besoin ?
Le patient a besoin d'un thérapeute réel, dense, chaleureux, capable de résonance, doté d'humour et de limites, présent comme un être humain entier. Il a besoin d'une altérité vraie face à lui pour que la rencontre ait lieu.
Mais il n'a pas besoin, et souvent ne peut pas se permettre, d'un thérapeute dont les convictions, les idéologies et les engagements personnels viennent coloniser l'espace dans lequel il essaie de trouver sa propre voix, même quand il peut partager les mêmes. Car la thérapie, en son fond, est un processus d'individuation, pas de collage : un chemin par lequel un sujet devient plus pleinement lui-même et pas une copie plus ou moins édulcorée de son thérapeute au fil des années.
Malheureusement, le patient va rarement être en capacité de penser et encore moins de poser des limites, voire de se distancer de ce genre de proposition thérapeutique trop fusionnée car les phénomènes d’identification, voire d’idéalisation dans la relation thérapeutique peuvent être rassurant. Le patient n’a donc aucune raison de mettre des limites, là où c’est normalement au professionnel d’être garant de ce cadre si précieux pour le processus thérapeutique… du patient justement.
Ce chemin exige que le thérapeute soit suffisamment présent pour être un compagnon fiable, cohérent, accueillant et donc suffisamment dépouillé pour ne pas devenir un guide qui décide de la destination ou qui orienterait son regard vers une direction sociale, religieuse, idéologique ou politique particulière.
C'est cela, la qualité de présence : non pas l'absence de personnalité, mais la mise au service de sa personnalité existentielle, de sa chaleur, de sa sensibilité, de son humanité, au profit du seul travail qui importe en séance : celui du patient.
Ces questions (comment être pleinement présent sans être envahissant, comment travailler son contre-transfert idéologique, comment incarner le cadre sans le rigidifier) sont au programme des formations en psychothérapie proposées par l’approche CREAT. Ces formations s'adressent aux thérapeutes en activité, réglementés ou non, comme aux professionnels en formation, et accordent une place centrale au travail sur la posture clinique, à travers des vignettes cliniques, des mises en situation et des transmissions théoriques. Si cet article a résonné pour vous en tant que praticien, ces formations ainsi que les espaces de supervisions pourraient bien vous accompagner dans votre quête professionnelle et l’optimisation de votre posture et de vos compétences thérapeutiques.
— Rogers, C. (1961). On Becoming a Person. Houghton Mifflin.
— Winnicott, D. W. (1971). Jeu et réalité. Tavistock.
— Freud, S. (1909). Cinq Leçons sur la psychanalyse. PUF (trad. fr.).
— Jung, C. G. (1917). Two Essays on Analytical Psychology. Collected Works, Vol. 7.
— Buber, M. (1923). Ich und Du [Je et Tu]. Aubier (trad. fr. 1969).
— Hirigoyen, M.-F. (1998). Le Harcèlement moral. Syros.
— Eiguer, A. (1996). Le Pervers narcissique et son complice. Dunod.
— Lambert, M. J., & Barley, D. E. (2001). Research summary on the therapeutic relationship and psychotherapy outcome. Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training, 38(4), 357-361.
— Code de déontologie des psychologues (France, révision 2021).
— Castonguay, L. G., & Hill, C. E. (Eds.). (2017). How and Why Are Some Therapists Better Than Others? Understanding Therapist Effects. American Psychological Association.
— Webb, C. A., DeRubeis, R. J., & Barber, J. P. (2010). Therapist adherence/competence and treatment outcome: A meta-analytic review. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 78(2), 200-211.
— Forget, G. (2022). L'art de la Présence : dans une infinie douceur… Aluna Éditions.
Des espaces de soin, de relation et de transmission, au service des processus humains.
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